Automne cheyenne

Automne cheyenne / Mary Sandoz [L]
 
En 1877, près d’un millier de Cheyennes du Nord, affaiblis et affamés, sont capturés et conduits vers une réserve.  Les Cheyennes ont toujours désiré la paix avec les Blancs et ce malgré la diminution progressive de leur territoire et les  nombreuses promesses non tenues.  Mais aujourd’hui, bafouant les droits qu’ils leur avaient attribués par traité, les Blancs les envoient dans une réserve où leurs frères du Sud meurent de faim et de maladies…
Voyant cela, les chefs Dull Knife, Little Wolf et leur tribu décident de repartir vers leur ancien territoire malgré l’opposition des Blancs à ce projet.  Deux cent quarante huit Cheyennes, trompant la vigilance des soldats prêts à les exécuter au moindre signe de rébellion, partent à la faveur de la nuit, laissant leur campement en place mais vide.  Il n’y a pas assez de chevaux pour tous mais ils continuent leur route coûte que coûte malgré les morts qu’ils laissent derrière eux tout au long du chemin, vaincus par la faim, la maladie ou l’épuisement.  Bien que les jeunes guerriers eussent préféré un itinéraire passant près des habitations des colons qui aurait permis la capture de plus de chevaux, les chefs décident d’un chemin plus à l’écart afin de passer inaperçus.  Les soldats, trompés par le leurre du camp fantôme, ne se rendent compte de leur fuite que le lendemain.  
Les Cheyennes se sont ainsi octroyé du répit mais il leur faut se hâter.  Ils rencontrent un petit troupeau de bisons ce qui leur permet de se restaurer et de fabriquer de nouveaux mocassins.  Les Blancs de leur côté préparent des troupes de renfort et établissent des plans de batailles pour rejoindre les Cheyennes dont ils n’avaient pas soupçonné la détermination.  Le premier détachement atteint les fuyards mais ceux-ci, faisant face sur un terrain choisi, les encerclent dans une ravine asséchée et réussissent à réduire les soldats à l’impuissance.  Ces derniers n’ont plus d’autre choix que de s’en retourner avec leurs blessés, épiés par les Cheyennes victorieux.  Ceux-ci doivent cependant voyager très vite et brouiller efficacement leur piste car maintenant les soldats savent dans quelle direction les poursuivre et cette information sera vite acheminée grâce au télégraphe.
Un détachement de cavalerie les charge mais de nouveau ils parviennent à les refouler alors qu’ils fuient droit devant eux sur un terrain découvert.  Ils cherchent toujours des chevaux et se déplacent en évitant soigneusement les colons des environs qui n’hésitent pas à tirer lorsqu’ils les aperçoivent.  Ils pillent les troupeaux de bœufs pour se nourrir et construire des abris de fortune.
Une importante troupe de soldats et de civils, alertés par les comptes rendus exagérément amplifiés par les journaux, sont postés un peu plus haut et les attendent de pied ferme.  Les Cheyennes se replient dans un canyon et parviennent à repousser leur première charge.  Il semble que cette fois, ils ne pourront pas échapper à leurs ennemis.  Heureusement ceux-ci plient bagage lorsqu’ils s’aperçoivent que sans canon, ils ne pourront pas déloger les Indiens de leur position.  Ceux-ci en profitent pour prendre le large et récupérer au passage les munitions abandonnées par les soldats.  
Les Cheyennes franchissent l’Arkansas en crue sans dommage et établissent leur camp dans un canyon non loin, y chassant et se reposant quelque peu de leur fatigue.  Ils passent deux merveilleuses journées.  Lorsque les soldats surviennent, ils sont fin prêts mais leur embuscade échoue et les soldats les encerclent, décimant leur troupeau de chevaux.  Les Cheyennes réussissent cependant à blesser grièvement le colonel, chef du détachement, qui succombera à ses blessures.  Cela leur donne le temps nécessaire pour fuir en hâte, de nouveau à pied et obligés d’abandonner les paquets de nourriture qu’ils avaient préparés.
Les Cheyennes atteignent bientôt la région de la Sappa, où la politique générale, tendant déjà à l’extermination des Indiens, avait déclenché un véritable massacre en 1875.  Au souvenir de ce carnage sans nom, les Cheyennes sentent la colère monter en eux malgré les discours de paix tenus par leurs principaux chefs, Little Wolf, Dull Knife, Hog… Les jeunes guerriers décident d’attaquer les colons pour les dévaliser.  En deux jours, une vingtaine d’hommes blancs sont tués lors des scènes de pillage.
Cependant, les soldats sur les talons, les Cheyennes sont forcés de fuir toujours plus vite, avec ou sans monture.  Little Wolf craint la puissance des soldats maintenant que plusieurs des jeunes guerriers ont rebroussé chemin.  Pour lui, seul un Indien jamais pris ne risque pas la mort.  Dull Knife, quant à lui, paraît plutôt confiant dans l’avenir car les hommes blancs du Nord ont toujours été amicaux à leur égard.
Ils franchissent la Platte sans encombre mais apprennent que les soldats sont aussi nombreux là-bas qu’ils ne l’ont été jusqu’ici et que d’autres Cheyennes ont encore été capturés pour être envoyés dans le Sud.  En apprenant ces nouvelles, les Cheyennes se séparent ; Dull Knife préfère se rendre dans la réserve où Red Cloud vit bien installé avec son peuple et Little Wolf désire continuer plus au Nord pour atteindre une région où les Blancs ne viendront plus les harceler.
Les Cheyennes accompagnant Dull Knife finissent par se faire reprendre.  Ils sont conduits à Fort Robinson et bien traités malgré leur opposition à retourner dans le Sud.  L’officier du Fort est assez accommodant et après avoir fouillé leurs sacs à la recherche d’armes, leur remet des médicaments, du tabac, les nourrit convenablement et leur permet de circuler librement s’ils n’essaient pas de fuir.  Mais cela n’est que provisoire puisqu’ils attendent la décision du gouvernement pour savoir si une réserve leur sera accordée ou s’ils devront retourner dans le Sud.  Ils sont bien décidés à ne pas se soumette à cette dernière alternative.  Pendant ce temps, les journaux de tout le pays continuent d’alimenter la polémique qui sévit entre les partisans des Indiens et leurs opposants.
De son côté, Little Wolf a mené son peuple sur plus de 900 km à travers les lignes des soldats réquisitionnés pour retrouver leur trace.  Ils s’arrêtent dans une petite vallée entourée de collines pour y passer quelque temps et préparer le chemin vers les terres plus au nord.  Grâce à une vigilance de tous les instants, ils séjournent plusieurs mois dans la vallée sans que les soldats, patrouillant dans le secteur, décèlent leur présence.  
A Fort Robinson, un autre officier est nommé et ayant reçu l’ordre d’acheminer les Cheyennes vers le Sud, il décide de les enfermer afin de les forcer à plier, puis de les priver d’eau, de nourriture et de chauffage alors que l’hiver bat son plein.  Pendant ce temps, les Cheyennes de Little Wolf passent un agréable hiver dans la vallée et les soldats continuent de les chercher vainement.  
Les Cheyennes gardés à Fort Robinson se retrouvent dans des conditions aussi désespérées que celles qu’ils ont fuits voilà quatre mois.  Ils rassemblent quelques armes, abattent les sentinelles et s’enfuient dans la nuit essayant de profiter d’un effet de surprise, mais les soldats accompagnés de quelques civils les poursuivent et en tuent un grand nombre.
La plupart des Cheyennes sont repris presque tout de suite et les autres meurent en livrant un dernier combat qui tourne au massacre.
Suite à ces événements, une enquête est ouverte pour faire la lumière sur les tueries injustifiées qui ont eu lieu ; des cent quarante-neuf Cheyennes emmenés au Fort, seuls septante huit sont encore vivants (en majorité des femmes et des enfants).  Plusieurs hommes, dont le leader Hog, sont envoyés au Kansas pour y être jugés pour meurtres.  Les autres sont emmenés dans la réserve de Red Cloud.  
Les Cheyennes de Little Wolf qui avaient malgré tout gardé le contact, sans pouvoir intervenir sous peine de se mettre en danger, sont au courant de toute l’histoire.  Après trois mois paisiblement passés dans la vallée, l’hiver tire à sa fin et ils décident de se remettre en route.  Aux environs de la Yellowstone, ils rencontrent un détachement militaire  commandé par le général Crook et ils sont forcés de l’accompagner à Fort Keogh.  Cependant, ils sont libres de leurs mouvements, bien nourris et soignés.  Les Cheyennes passés en jugement sont acquittés par manque de preuve.  
Tous les Cheyennes survivants se retrouvent enfin réunis dans le Nord ; certains dans une réserve spécialement créée pour les Cheyennes du Nord, d’autres à Fort Keogh.

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