La mort et l’archevêque

La mort et l’archevêque / Willa Cather [M]

Jean-Marie Latour, 35 ans, missionnaire catholique en Amérique depuis neuf ans, est nommé Vicaire Apostolique au Nouveau-Mexique. Il part pour Santa Fé, le centre de son diocèse, avec son ami d’enfance, Joseph Vaillant, missionnaire comme lui. Ils traversent nombre de paysages désertiques, avant d’être confrontés aux prêtres mexicains qui refusent de reconnaître l'autorité de Latour sans document officiel. Ce papier, il doit aller le chercher auprès de l’Evêque de Durango et, pour ce faire, emprunter les pistes mal connues et accidentées de la région qui entravent l’échange de nouvelles et rendent les déplacements difficiles…

De nombreuses petites communautés n’ont plus vu de prêtres depuis des lustres et accueillent avec joie les deux nouveaux missionnaires partout où ils passent. Ils sont tous deux Français mais ont pris à cœur d’apprendre l’anglais et l’espagnol pour communiquer au mieux avec les habitants. Les pères Latour et Vaillant patrouillent dans leur diocèse se consacrant à «sauver les âmes», parfois des vies comme ce fut le cas pour une malheureuse femme soumise aux mauvais traitements d’un mari violent et assassin (tuant pour les voler tous les gens de passage dans sa maison).
Le rôle de Latour et de Vaillant est primordial dans cette contrée peuplée de catholiques oubliés depuis de nombreuses années ou victimes de la férule de prêtres locaux qui les exploitent sous tous les rapports pour vivre mieux sans se soucier de leur mission religieuse, engrangeant les biens au dépend du peuple et commettant le pêché de chair malgré les vœux qu’ils ont prononcés. Le père Latour entreprend de mettre fin à la débauche existant chez les prêtres mexicains. Il s’efforce de se comporter de manière correcte envers tout le monde et est de ce fait fortement apprécié par les villageois et les Indiens. Cependant, ses fonctions de Vicaire vont le forcer à rester de plus en plus à Santa Fé et il confie toutes les missions importantes à Vaillant, dont la véritable vocation est le «salut des âmes». Celui-ci revient régulièrement à Santa Fé se rétablir de ses fatigues et des maladies qu’il contracte parfois lors des épidémies qui sévissent dans les régions qu'il traverse.
Le père Latour, lui, se consacre à l’organisation de la vie religieuse dans le diocèse, retirant certains prêtres débauchés du service actif pour donner l’exemple aux autres et les rappeler à l’ordre. Il doit même en excommunier certains qui refusaient avec acharnement de changer leurs mauvaises attitudes et étaient même prêts à fonder leur propre Eglise si nécessaire.
Dans le même but, il rend visite à toutes les paroisses de son diocèse et entreprend de former d’autres prêtres. Il doit leur expliquer les croyances locales, les coutumes des habitants afin qu’ils les prennent en compte et ne heurtent pas les gens risquant ainsi de les détourner de Dieu. De plus, l’esprit et la mentalité régnant en Amérique sont fort éloignés de ce que les prêtres connaissent en Europe. De la même manière, les jeunes prêtres doivent s’habituer aux démonstrations de foi souvent théâtrales pratiquées par la majorité du peuple.
Le père Latour poursuit également une idée qui lui est très chère : bâtir une cathédrale à Santa Fé qui rende gloire à Dieu mais soit d’apparence modeste, proche du peuple. Son projet reçoit la faveur de plusieurs riches propriétaires qui lui procurent les fonds grâce auxquels il pourra enfin commencer la construction.
Souvent, les circonstances entravent les missions que Latour s’est fixées. Ainsi, par exemple, il doit faire face à l’adjonction, à son diocèse, d’un nouveau territoire pris sur le Mexique par les Américains. Il organise donc de nombreuses missions d’évangélisation au sein d’un territoire mal connu dont certaines paroisses sont coupées en deux par la frontière. Le père Latour voudrait garder son ami Vaillant à ses côtés, mais ce dernier préfère s’occuper lui-même de patrouiller dans les nouvelles paroisses pour y porter la bonne parole, rencontrer les habitants et les prêtres locaux et y rétablir une bonne organisation de la vie religieuse.
La ruée vers l’or au Colorado va ensuite attirer toutes ses pensées et il se dévouera totalement pour cette région , travaillant à remettre et garder les chercheurs d’or dans le droit chemin.
Au fil des années, les pères Vaillant et Latour, amis d’enfance, se sont vus de moins en moins, absorbés chacun par leurs tâches. Lorsque le père Vaillant meurt, Latour prend sa retraite, continuant toutefois à former les nouveaux prêtres. Sa cathédrale est enfin terminée.
Lors d’une visite dans les paroisses voisines de Santa Fé, il est victime d’un refroidissement. Dès cet instant, ses forces déclinent et Latour consacre ses derniers jours à réfléchir sur son passé, livrant de nombreuses informations à ses proches afin que ce qu’il a appris et découvert lors de son vicariat ne soit pas oublié. Il meurt, pleuré par de nombreux fidèles mexicains et indiens et est inhumé dans la cathédrale qu’il a fait bâtir.

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